Confusion autour du Permis de Montélimar de Total

Alors que le tribunal préconise que Total puisse reprendre ses recherches à Montélimar, la ministre fait appel et le groupe pétrolier souhaite un consensus.

Le 23 juillet 2011, la France interdisait la fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste. Cette décision était validée par les membres du conseil constitutionnel le 11 octobre 2013. Ceci abrogeait dès lors le permis de recherche accordé en 2010 à Total dans la région de Montélimar.

Royal fait appel du permis de MontélimarHors ce 28 janvier 2016, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise décidait d’annuler cette abrogation. Il justifiait sa décision par le fait qu’il s’agit d’un permis accordé avant la mise en place de la loi. De plus, il s’agit d’un permis de recherche pour lequel l’utilisation de la technique de la fracturation hydraulique n’était pas prévue par les détendeurs du permis de Montélimar.

Total a visiblement souhaité dépassionner le débat. Il a immédiatement réagi en indiquant que le groupe pétrolier souhaitait arriver à un consensus. Ceci avant d’envisager une reprise de ces activités à Montélimar.

  • Une situation particulièrement floue

A peine cette déclaration faite, c’est Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie qui s’est manifestée. Elle a décidé de faire appel de la décision du tribunal de Cergy-Pontoise. Celle-ci a justifié sa décision en poursuivant sur sa lancée d’avril 2015. Elle déclarait alors « Les gaz de schiste ne sont plus d’actualité » à propos du rapport « caché » d’Arnaud Montebourg.

La ministre a ainsi déclaré que « La loi sur la transition énergétique (de 2015) fixe pour objectif de réduire de 30% la consommation d’hydrocarbures d’ici 2030. La loi rend nécessaire une révision globale de la politique en matière d’exploration d’hydrocarbures pour s’inscrire durablement dans la lutte contre le changement climatique ».

La situation est donc particulièrement floue autour du permis de Montélimar. Nous avons donc 3 positions. Un groupe pétrolier français ayant des intérêts et qui reste prudent. L ministère qui veut imposer sa ligne verte envers et contre tout. Finalement la justice qui souhaite faire appliquer les lois.

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Plusieurs abandons de projets d’exploitation de gaz de schiste

Pologne, Roumanie, Afrique du Sud. Plusieurs projets d’exploitation de gaz de schiste ont récemment été abandonnés.

En moins de deux mois, trois projets d’exploitation de gaz de schiste à travers le monde ont été abandonnés. Retour sur une actualité riche sur le front du gaz de schiste au niveau de la planète.

  • Pologne

projets de gaz de schiste dans le mondeChevron a annoncé officiellement le 2 février 2015 qu’il renonçait à poursuivre son projet d’exploitation du gaz de schiste dans le pays du président Bronisław Komorowski. Le groupe américain prend ainsi la même décision que Total quelques mois auparavant. Chevron indique de la chute des cours du baril, les difficultés géologiques rencontrées sur le terrain et le flou juridique en Pologne ont conduit le groupe pétrolier à renoncer à ses projets dans ce pays. Cette décision ne ne fait pas les affaires de la Pologne qui était un pays misant beaucoup sur cette source d’énergie.

  • Roumanie

Fin février, Chevron annonçait également l’abandon de ces projets d’exploitation du gaz de schiste en Roumanie. Là encore, la chute des cours du pétrole et les estimations grandement revues à la baisse quant aux réserves exploitables dans le pays de Mihai Eminescu ont fini de décider le groupe américain d’arrêter les projets qu’il avait dans ce pays. Chevron a annoncé vouloir consacrer ses ressources à d’autres projets plus lucratifs.

  • Afrique du Sud

Le 16 mars 2015, le groupe pétrolier hollandais Shell annonçait l’abandon de son projet d’exploitation du gaz de schiste en Afrique du Sud. Les raisons sont multiples. Lassé par les lenteurs de l’administration sud-africaine à lui octroyer une licence que Shell attend depuis six ans. Puis refroidi par les récentes hausses d’impôts sur le revenu. Finalement inquiet de l’opinion négative que prend la population locale à propos du gaz de schiste en Afrique du Sud. Le groupe pétrolier a donc décidé d’abandonner ses projets sud-africains.

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