Les députés interdisent totalement le gaz de schiste en France

Les députés ont souhaité donner le coup de grâce au gaz de schiste en France en votant son interdiction totale

Depuis la loi du 13 jullet 2011, l’extraction du gaz de schiste par la technique de la fracturation hydraulique était déjà bannie en France. Ce 25 janvier 2017, voilà les gaz de schiste purement et simplement interdits depuis le vote par les députés d’une proposition de loi à cet effet.

Cette loi s’inscrit dans le cadre du vaste projet de réforme du code minier. Une règlementation datant de l’époque napoléonienne en cours de refonte depuis 5 ans mais sans cesse repoussée.

  • Une décision qui a suscité de nombreuses réactions.

députés français

Assemblée nationale – siège des députés
Crédit : Philippe Alès

Pour la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, il s’agit d’un exemple que la France donne au monde. Elle réaffirme sa volonté de voir l’utilisation des énergies fossiles appartenir au passé.

Pourtant dans son propre camp, certains estiment que cette loi ne va pas assez loin. Ainsi, certains regrettent que cette interdiction ne concerne que les gaz de schiste. Ceci laissant le champ libre à l’exploitation des gaz de souche ou des gaz de houille.

À droite on regrette le fait que cette loi va jusqu’à interdire toute recherche sur le gaz de schiste. Alors que des techniques d’exploration moins néfaste comme la fracturation au propane mériterait des investigations plus poussées.

Beaucoup ont en revanche vu dans cette proposition de loi un coup médiatique. En effet, pour être adoptée, cette loi doit passer devant les sénateurs. Mais le calendrier du Sénat ne prévoit pas pour le moment l’examen de ce projet de loi. Il est donc probable que les sénateurs n’examinent pas la loi avant les prochaines élections. Le résultat de ces élections pourrait alors compromettre l’adoption de ce projet, principalement en cas de changement de pouvoir.

Des gaz de schiste exploités au milieu de la forêt de Sherwood ?

Une société pétrolière aurait l’intention de prospecter la célèbre forêt de Sherwood à la recherche de gaz de schiste.

La forêt de Sherwood ? Ce nom vous dit quelque chose ? Il s’agit d’une forêt située dans le centre de l’Angleterre très connue comme étant le lieu où Robin des Bois dévalisait les riches pour redonner aux pauvres.

Au-delà de la légende, cette forêt est classée en tant que réserve naturelle outre-manche. Elle s’étend sur plus de 400 hectares et abrite un chêne multi centenaire, le Major Oak. Ce chêne aurait vu Robin de Bois de prêt car ce dernier s’en saurait servi comme d’une cachette.

Gaz de schiste en forêt de sherwood

la Major Oak dans la forêt de Sherwood
Crédit : Dadulinka

Mais ce cadre bucolique et légendaire pourrait bientôt changer radicalement d’aspect. En effet, une société pétrolière a fait part de son intention de mener des prospections afin de connaitre le potentiel en gaz de schiste de la région.

Selon l’OGN britannique “Friends of the Earth” la société aurait déjà obtenu une licence afin de mener à bien des expérimentations. Rappelons que contrairement à la France, l’exploitation des gaz de schiste n’est pas interdite en Angleterre. Le gouvernement britannique en encourage même le développement.

Au-delà des projets de prospection, c’est l’utilisation de la technique de la fracturation hydraulique qui inquiète les défenseurs de l’environnement et les populations locales. Cette technique largement utilisée au États-Unis est suspectée d’avoir des impacts terribles sur l’environnement.

La société en question s’est défendue en indiquant qu’aucune intention d’utiliser la fracturation hydraulique n’avait été prise.  Mais sachant que cette technique reste la seule viable pour exploiter le gaz de schiste à grande échelle, les écologistes ont accusé la société de vouloir cacher ses intentions finales aux yeux du grand public.

L’ONG qui a révélé l’affaire a lancé une pétition en ligne. Cette pétition demande au ministre de l’énergie Andrea Leadsom de protéger la forêt de Sherwood de la fracturation. En 5 jours, celle-ci a reçu plus de 40 000 signatures.

France : Un rapport sur une extraction propre du gaz de schiste

Un rapport commandé par l’ancien ministre Arnaud Montebourg conclu à la faisabilité d’une extraction propre du gaz de schiste en France.

Le Figaro révèle l’existence d’un rapport diffusé à sept exemplaires. Il fut remis début 2014 au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg. Ce rapport concluait qu’il est possible d’extraire de manière propre le gaz de schiste en France. Ceci en se passant de la technique controversée de la fracturation hydraulique.

rapport sur le gaz de schiste en France

Crédit : Battenbrook

Ce rapport met en avant la technique du fluoropropane à laquelle le-gaz-de-schiste.info consacrait un article il y a un peu plus d’un an. Par opposition à la technique de la fracturation hydraulique qui est soupçonnée de causer de graves dégâts sur l’environnement.

Rappelons que la fracturation hydraulique a été interdite en France dès 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Interdiction confirmée à l’arrivée de François Hollande au Pouvoir.

  • Une manne d’au moins 100 milliards d’euros pour la France

Ce rapport, qui n’avait jamais jusqu’à ce jour été dévoilé publiquement, met en évidence les intérêts multiples que la France pourrait tirer de l’exploitation des gaz de schiste sur son territoire grâce à la technique du fluoropropane. Selon le rapport elle «présente une réelle alternative permettant de répondre aux problèmes environnementaux posés par la fracturation hydraulique».

Le rapport chiffre les bénéfices à « au moins 100 milliards d’euros pour la France ». Ceci s’accompagnerait de la création de « 120 000 à 225 000 emplois ».

  • « Les gaz de schiste ne sont plus d’actualité » Ségolène Royal

Mais pour Ségolène Royal, la révélation de l’existence de ce rapport est un non événement. La France ayant tourné la page des énergies fossiles, ce qu’elle a pu ainsi rappeler sur Twitter. «Réponse au Figaro : rien à cacher. Les gaz de schiste ne sont plus d’actualité. Faisons la #transition énergétique. Investissons ENR . — Ségolène Royal (@RoyalSegolene) April 6, 2015».

Selon le Figaro, c’est donc le « véto absolu opposé par les Verts » vis à vis du gaz de schiste et la prudence du gouvernement et de l’exécutif qui a fini d’enterrer ce document dont nous apprenons l’existence plus d’un an après sa diffusion confidentielle.

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Plusieurs abandons de projets d’exploitation de gaz de schiste

Pologne, Roumanie, Afrique du Sud. Plusieurs projets d’exploitation de gaz de schiste ont récemment été abandonnés.

En moins de deux mois, trois projets d’exploitation de gaz de schiste à travers le monde ont été abandonnés. Retour sur une actualité riche sur le front du gaz de schiste au niveau de la planète.

  • Pologne

projets de gaz de schiste dans le mondeChevron a annoncé officiellement le 2 février 2015 qu’il renonçait à poursuivre son projet d’exploitation du gaz de schiste dans le pays du président Bronisław Komorowski. Le groupe américain prend ainsi la même décision que Total quelques mois auparavant. Chevron indique de la chute des cours du baril, les difficultés géologiques rencontrées sur le terrain et le flou juridique en Pologne ont conduit le groupe pétrolier à renoncer à ses projets dans ce pays. Cette décision ne ne fait pas les affaires de la Pologne qui était un pays misant beaucoup sur cette source d’énergie.

  • Roumanie

Fin février, Chevron annonçait également l’abandon de ces projets d’exploitation du gaz de schiste en Roumanie. Là encore, la chute des cours du pétrole et les estimations grandement revues à la baisse quant aux réserves exploitables dans le pays de Mihai Eminescu ont fini de décider le groupe américain d’arrêter les projets qu’il avait dans ce pays. Chevron a annoncé vouloir consacrer ses ressources à d’autres projets plus lucratifs.

  • Afrique du Sud

Le 16 mars 2015, le groupe pétrolier hollandais Shell annonçait l’abandon de son projet d’exploitation du gaz de schiste en Afrique du Sud. Les raisons sont multiples. Lassé par les lenteurs de l’administration sud-africaine à lui octroyer une licence que Shell attend depuis six ans. Puis refroidi par les récentes hausses d’impôts sur le revenu. Finalement inquiet de l’opinion négative que prend la population locale à propos du gaz de schiste en Afrique du Sud. Le groupe pétrolier a donc décidé d’abandonner ses projets sud-africains.

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