France : Un rapport sur une extraction propre du gaz de schiste

Un rapport commandé par l’ancien ministre Arnaud Montebourg conclu à la faisabilité d’une extraction propre du gaz de schiste en France.

Le Figaro révèle l’existence d’un rapport diffusé à sept exemplaires. Il fut remis début 2014 au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg. Ce rapport concluait qu’il est possible d’extraire de manière propre le gaz de schiste en France. Ceci en se passant de la technique controversée de la fracturation hydraulique.

rapport sur le gaz de schiste en France

Crédit : Battenbrook

Ce rapport met en avant la technique du fluoropropane à laquelle le-gaz-de-schiste.info consacrait un article il y a un peu plus d’un an. Par opposition à la technique de la fracturation hydraulique qui est soupçonnée de causer de graves dégâts sur l’environnement.

Rappelons que la fracturation hydraulique a été interdite en France dès 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Interdiction confirmée à l’arrivée de François Hollande au Pouvoir.

  • Une manne d’au moins 100 milliards d’euros pour la France

Ce rapport, qui n’avait jamais jusqu’à ce jour été dévoilé publiquement, met en évidence les intérêts multiples que la France pourrait tirer de l’exploitation des gaz de schiste sur son territoire grâce à la technique du fluoropropane. Selon le rapport elle «présente une réelle alternative permettant de répondre aux problèmes environnementaux posés par la fracturation hydraulique».

Le rapport chiffre les bénéfices à « au moins 100 milliards d’euros pour la France ». Ceci s’accompagnerait de la création de « 120 000 à 225 000 emplois ».

  • « Les gaz de schiste ne sont plus d’actualité » Ségolène Royal

Mais pour Ségolène Royal, la révélation de l’existence de ce rapport est un non événement. La France ayant tourné la page des énergies fossiles, ce qu’elle a pu ainsi rappeler sur Twitter. «Réponse au Figaro : rien à cacher. Les gaz de schiste ne sont plus d’actualité. Faisons la #transition énergétique. Investissons ENR . — Ségolène Royal (@RoyalSegolene) April 6, 2015».

Selon le Figaro, c’est donc le « véto absolu opposé par les Verts » vis à vis du gaz de schiste et la prudence du gouvernement et de l’exécutif qui a fini d’enterrer ce document dont nous apprenons l’existence plus d’un an après sa diffusion confidentielle.

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Le gaz de houille, une alternative au gaz de schiste ?

Le gaz de houille, aussi appelé grisou, peut-il être une alternative au gaz de schiste ?

Actuellement, les recherches sur l’utilisation des énergies renouvelables avancent beaucoup. Le gaz de schiste compte parmi les sources d’énergies renouvelables les plus connues. Or, l’extraction de ce gaz est interdite en France à cause notamment des conséquences néfastes de son mode d’extraction, la « fracturation hydraulique », sur l’environnement. Il existe cependant une autre source d’énergie renouvelable moins connue, le grisou ou gaz de houille.

  • Cette nouvelle source d’énergie peut-elle être une alternative au gaz de schiste ?

Représentation très simplifiée de l'utilisation d'une pompe hélicoïdale afin d'extraire le gaz de houille Crédit : Lamiot

Représentation très simplifiée de l’utilisation d’une pompe hélicoïdale afin d’extraire le gaz de houille
Crédit : Lamiot

Le gaz de houille, présent dans les sous-sols français, plus précisément dans les anciens bassins miniers de Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais, offre un avenir prometteur. Selon l’entreprise EGL (European Gas Limited), disposant de nombreux permis d’exploitation en France métropolitaine, la quantité de grisou qu’on peut récupérer sur les sols français peut être estimés à 370 milliards de mètres cubes.

Le gaz de houille est présent dans les veines de charbon extrait il y a des décennies dans quelques régions de France. D’ailleurs, plusieurs anciennes mines d’extraction sont encore présentes dans ces régions. Ce gaz,  composé à 95% de méthane, intéresse beaucoup le CNRS. Car son exploitation se présente comme une solution permettant d’assurer la transition progressive vers les énergies renouvelables.

  • Le gaz de houille peut être retenu de différentes manières dans le sous-sol.

Ce « gaz  vert » peut être retenu dans les galeries de façon naturelle. Dans ce cas, un simple pompage peut être utilisé pour l’extraire, car elle sort déjà naturellement de manière lente de ces galeries. Par le phénomène « d’adsorption », le gaz de houille peut également être présent sur le charbon lui-même. L’adsorption, à ne pas confondre avec « absorption », est « un phénomène de surface par lequel des molécules de gaz ou de liquides se fixent sur les surfaces solides des adsorbants. Les molécules ainsi adsorbées constituant l’adsorbat. Si les conditions énergétiques ou cinétiques permettent à la molécule de pénétrer au sein de la phase adsorbante, il y a absorption[1] ». Dans ce cas, la « dépressurisation » peut être utilisée comme méthode d’extraction.

Avec cette méthode, on extrait d’abord l’eau présente dans les veines du charbon afin de diminuer la pression dans les interstices. Avant de forcer le gaz à s’échapper dans un second temps. La fracturation hydraulique pourrait techniquement également être utilisée pour extraire ce gaz. Mais cette dernière reste à l’écart en raison de son interdiction en France.

Toutefois, des restrictions existent sur les conditions d’extraction du gaz de houille. Selon le CNRS, son exploitation n’aura pas lieu avant plusieurs années et ne sera pas permanente, le temps de la transition énergétique.

[1] http://www.futura-sciences.com/magazines/matiere/infos/dico/d/chimie-adsorption-3468/

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La fracturation au propane pour extraire le gaz de schiste

La fracturation au propane, une technique alternative pour extraire le gaz de schiste

Le propane pourrait-il résoudre les problèmes autour de l’extraction du gaz de Schiste ? Un sujet brûlant dans le monde de la politique et de l’économie mondiale.

La technique la plus utilisée actuellement pour extraire ce fameux gaz est la « fracturation hydraulique ». Cette technique est interdite en France par la loi Jacob de 2011. Parmi les inconvénients de cette technique figurent la nécessité d’utilisation de grandes quantités d’eau et de produits chimiques risquant de nuire à l’environnement.

réservoir de propane

un réservoir de propane
Crédit : Hustvedt

Si des entreprises comme Total préfèrent utiliser la technique de fracturation hydraulique pour extraire le gaz de Schiste dans les Etats l’autorisant, d’autres sociétés comme EcorpStim ou la société canadienne Gasfrac optent pour l’utilisation de techniques alternatives, entre autres la « fracturation au propane ».

Selon des géologues et économistes approuvés par l’Etat français, l’extraction du gaz de Schiste grâce au propane (C3H8) est faisable. Notons que le gaz de Schiste n’est autre que le méthane piégé dans les roches argileuses.

  • Une technique bien établie

La technique d’extraction du gaz de Schiste par le propane se déroule comme suit. Dans un premier temps, dans des conditions de températures et de pressions normales, on transforme le propane à l’état gazeux en gel ou liquide pour avoir la « fluoropropane liquéfié ».

Dans un deuxième temps, il faudra injecter le fluoropropane avec du sable à travers un puits vertical. Le fluoropropane rentre alors dans les interstices des roches qui sont maintenues ouverts par le sable. Cette deuxième étape permet au gaz de schiste et au propane liquide de se mélanger.

Dans un troisième temps, on remonte le mélange à travers de puits de forage. A cause de la diminution de la pression au fur et à mesure de la remontée en surface du mélange, le propane et le méthane redeviennent des gaz.

Dans un dernier temps, on sépare les deux gaz : le gaz de schiste est conservé et le propane est liquéfié pour être de nouveau mélangé avec du sable et réinjecté. Et le processus recommence.

  • Une technique prometteuse

L’avantage du propane dans l’extraction vient de sa nature physique. En effet, il possède une viscosité plus faible que celle de l’eau et son utilisation nécessite seulement du sable (mais pas d’autres produits chimiques comme dans la fracturation hydraulique). Pour chasser le méthane, le propane rentre plus facilement dans les interstices des roches. De plus, il est utilisable à 95% contrairement à l’eau (réutilisable à 30%).  Toutefois, c’est un produit hautement inflammable qui doit être utilisé avec précaution et cela constitue son inconvénient.

fluoropropane

Formule chimique du fluoropropane
Crédit : Yikrazuul

Même si l’utilisation du propane dans l’extraction du Gaz de Schiste présente des risques et qu’il y a encore peu de retours d’expériences, la société EcorpStim a présenté un bilan très positif de cette technique. Afin de réduire les risques liés à utilisation de cette nouvelle technique, il faudra manipuler avec soin les propanes.

C’est pour cette raison que des sociétés comme EcorpStim utilisent du fluoropropane liquéfié, un produit « ininflammable et anodine ». Le seul problème est que la manipulation et l’utilisation de l’eau sont plus faciles que celle du fluoropropane.

  • Une alternative sérieuse à la fracturation hydraulique

En France, la technique de la « fracturation au propane » est considérée par beaucoup de représentants politiques comme étant une bonne technique alternative à la fracturation hydraulique. Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg et la navigatrice proche de l’UMP Maud Fontenoy sont parmi les personnes qui se sont prononcés en faveur de cette nouvelle technique.

A la fin de l’année 2013, l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) avait publié un rapport d’experts montrant la faisabilité de l’utilisation de la technique. Toutefois, quelques personnes comme l’économiste Thomas Porcher ou la ministre du logement Cécile Duflot contestent l’idée que cette nouvelle alternative est une bonne solution. En effet, selon eux, la fracturation au propane est dangereuse. Pour eux le fluoropropane est un produit traité donc ne certifie en aucun cas son utilisation dans l’extraction du gaz de Schiste.

L’utilisation de cette technique peut également générer d’énormes coûts. Notamment liés à l’infrastructure de forage, aux coûts d’expérimentations ou aux coûts de transports.

L’extraction du gaz de Schiste en France demeure un débat politique et économique. Car l’utilisation de la technique de fracturation au propane, bien que soutenue par des personnalités influentes, reste contestée par d’autres.