La fracturation hydraulique ne pollue pas l’eau potable selon l’EPA

L’agence de protection de l’environnement américaine EPA (Environmental Protection Agency) affirme qu’elle n’a trouvé aucune preuve que la fracturation hydraulique conduise à une pollution généralisée de l’eau potable.

L’industrie du pétrole et de ses bailleurs de fonds se félicitent des résultats de cette étude tant attendue publié par l’EPA. Alors que les organisations de protection de l’environnement la critiquent.

« Nous avons trouvé que les activités de fracturation hydraulique aux États-Unis sont effectuées d’une manière qui n’a pas conduit à des impacts systémiques généralisés sur les ressources en eau potable ». Telle est la déclaration de Tom Burke. Il s’agit du conseiller scientifique et l’administrateur adjoint du bureau de la recherche et du développement de l’EPA. « En fait, le nombre d’impacts documentés sur les ressources en eau potable est relativement faible. Ceci par rapport au nombre de puits de fracturation hydraulique», ajoute-il.

logo epaCette évaluation de l’EPA a été menée à la demande du Congrès américain. « Il s’agit du regroupement le plus complet de données scientifiques à ce jour», dit Tom Burke. « Il comprend plus de 950 sources d’information, des documents publiés, de nombreux rapports techniques, des informations des intervenants et des rapports scientifiques de l’EPA évalués par des pairs. »

La fracturation hydraulique a permis d’exploiter des réserves de pétrole et de gaz naturel que l’on croyait hors-limites des profondeurs souterraines. Cela a conduit à forer à travers les États-Unis. Ceci a stimulé de manière significative la production de pétrole et de gaz naturel du pays. Mais les organisations de défense de l’environnement ont longtemps soutenu que la fracturation hydraulique a un coût élevé pour l’environnement. Ceci en particulier en ce qui concerne l’eau. Ces organisations ont appelé à une réglementation plus stricte voire même à interdire complétement la fracturation hydraulique.

  • L’étude de l’EPA identifie toutefois certains risques potentiels sur l’eau potable.

Ces risques incluent la quantité d’eau nécessaire à la fracturation hydraulique dans des endroits secs. Également, les fracturations dans des formations souterraines contenant de l’eau potable. Le rapport soulève également des préoccupations au sujet de puits dont les tubes où les fondations ne sont pas suffisamment adaptés. Ceci peut permettre aux gaz et aux liquides de migrer sous terre. Un point également vulnérable mis en lumière par l’EPA dans son rapport est la manière dont les eaux usées et les produits chimiques provenant des opérations de forage sont manipulés et traités.

Le « American Petroleum Institute » affirme que les conclusions font écho à ce que l’industrie pétrolière a toujours fait valoir. « La fracturation hydraulique est effectué en toute sécurité sous la bonne intendance environnementale des régulateurs de l’État et des meilleures pratiques de l’industrie», explique Erik Milito, directeur de l’institut.

Reconnaissant les vulnérabilités potentielles décrites dans le rapport de l’EPA, Erik Milito dit « Des améliorations continues de la sécurité ont été une partie intégrante de la fracturation hydraulique depuis 65 ans. »

  • Des empreintes digitales de l’industrie du pétrole sur ce rapport

L’organisation de défense de l’environnement « Food & Water Watch » critique l’évaluation de l’EPA. Elle affirme qu’elle contient « des empreintes digitales de l’industrie du pétrole de partout. » Le groupe est en faveur d’une interdiction de la fracturation hydraulique. Il annonce ainsi que ce rapport ne devrait pas être utilisé pour décider de l’avenir de l’industrie du gaz de schiste.

« Malheureusement, l’étude de l’EPA publié aujourd’hui est loin du niveau de contrôle et de surveillance du gouvernement. Il est pourtant nécessaire pour protéger la santé et la sécurité des d’américains. En particulier ceux touchés par le forage et la fracturation hydraulique pour le pétrole et le gaz de schiste». Cette phrase vient de Wenonah Hauter, le directeur exécutif du « Food & Water Watch »

L’étude présentée par l’EPA n’est qu’au stade de brouillon. Elle sera finalisée après un examen par le « Conseil consultatif des sciences »et les commentaires du public.

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Les États-Unis premier producteur de pétrole au monde

En 2014, les États-Unis ont dépassé l’Arabie Saoudite et sont devenus le premier producteur mondial de pétrole.

L’exploitation effrénée des hydrocarbures de schiste dans le sous-sol américain avait déjà eu pour conséquence de faire des États-Unis le premier producteur mondial de gaz naturel en 2011.

Selon le rapport annuel de l’entreprise BP, le pays présidé par Barack Obama est devenu en 2014 le pays ayant le plus produit de pétrole au monde. Ceci avec 11,64 millions de baril par jour (Mb/j). Il se positionne en première place devant l’Arabie Saoudite, seconde avec 11,5 Mb/j et la Russie, troisième avec 10,84 Mb/j.

producteur de pétrole

Forage en Pennsylvanie, États-Unis Crédit : Nicholas A. Tonelli

Il y a trois ans, la future position de leader pour les États-Unis en tant que pays producteur de pétrole était prévue vers 2020 par l’AIE (Agence internationale de l’énergie). C’est donc bien plus tôt que les américains accèdent à la première place du podium.

La fracturation hydraulique a révolutionné le secteur mondial de l’énergie fossile. Il s’agit de la principale méthode d’exploitation du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis. En 2014, les américains ont augmenté leur production annuelle de 1,6 million de baril par jour par rapport à l’année précédente. Soit une progression de 15% alors que la production de l’Arabie Saoudite n’a que peu évolué.

Le rapport de BP souligne également qu’il s’agit de la troisième année consécutive qu’un pays producteur de pétrole augmente sa production annuelle de plus de 1Mb/j. Ceci n’avait jamais été vu par le passé.

La production mondiale de pétrole boosté par celle des États-Unis a progressé bien plus vite que la demande. Cela n’est pas passé inaperçu sur le prix du baril. Celui-ci passant de plus de 100 dollars il y a encore un an, à environ 60 dollars actuellement. Avec un plus bas en dessous des 50 dollars.

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Le gaz de schiste : Miracle ou gouffre pour l’économie ?

Le gaz de schiste apparait comme un miracle pour l’économie américaine. Mais une autre réalité commence à émerger.

Cette année, les États-Unis, première économie mondiale, vont devenir le premier pays producteur de pétrole et de gaz au monde. Selon les chiffres provenant de l’organisme officiel américain d’étude sur les énergies, les États-Unis produiront l’équivalent de 25 millions de baril de pétrole, contre 23 millions pour la Russie et 13 millions pour l’Arabie Saoudite (pratiquement 2 fois plus!)

Largement importateur d’énergie fossile il y a moins de 10 ans, les États-Unis annoncent être capable d’atteindre l’indépendance énergétique d’ici 2020. Ce miracle pour l’économie est du, vous l’aurez deviné, à l’extraction du gaz de schiste.

gaz de schiste : miracle ou fiasco pour l'économie

L’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis
Crédit : Administration américaine sur l’énergie – Mai 2011

L’analyste IHS Cera a récemment indiqué que sur la période s’étalant du début de l’extraction jusqu’en 2012, l’exploitation du gaz de schiste avait créée 2,1 millions d’emplois directs et indirects aux États-Unis, avait généré 75 milliards de recettes supplémentaires pour l’état sous forme d’impôts.

De plus, s’agissant d’une énergie, le bénéfice est double et profite à toute l’économie américaine. En effet, non seulement ils produisent leur propre énergie au lieu de l’acheter à prix d’or à l’export, mais tous les domaines d’activités commerciales américains voient leur compétitivité accrue grâce à l’énergie bon marché qui est mise à leur disposition, ce qui fait chuter leur cout de production.

  • Des atouts cachant une tout autre réalité ?

Mais ces chiffres qui font rêver au niveau de l’économie américaine pourraient laisser place à une tout autre réalité. Les investissements nécessaires à l’exploitation du gaz de schiste ont été et sont toujours colossaux. Mais les premiers signes de ralentissement de la production des puits déjà existant aux États-Unis se font ressentir. Ceci bien plus tôt que prévu pour rentabiliser les investissements engagés. Les réserves des gisements de gaz de schiste auraient peut-être été gonflées. Ceci afin d’attirer les investisseurs indispensables à l’apport des fonds nécessaire à la création des puits, en leur faisant miroiter des gains faramineux.

De plus, cette production de gaz a eu comme conséquence de faire baisser le prix du gaz de manière exceptionnelle. Ce qui se révèle providentiel pour l’économie américaine comme vu plus haut. Mais ceci pénalise la rentabilité des puits. En effet, le prix du gaz à chuté de 12 dollars avant l’exploitation du gaz de schiste à environ 3 dollars. Dans ces conditions, le chiffre d’affaire des sociétés exploitant les puits reste faible, tout comme leurs marges. Ce qui n’est pas de bon augure pour lesdites sociétés, pour les investisseurs ayant déjà engagés des fonds et pour les nouveaux qui songeaient à le faire.

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