27 licences d’exploitation accordées au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni propose 27 licences d’exploration du gaz de schiste afin de donner un « coup de pouce » à l’économie

Le gouvernement du Royaume-Uni a mis à disposition 27 nouveaux permis de recherche pétrolière et gazière sur son sol. Ceci ouvre ainsi 270 km² du pays à la fracturation hydraulique

« Dans le cadre de notre plan à long terme pour bâtir une économie plus stable, pour créer des emplois et pour fournir un approvisionnement énergétique sûr, nous continuons à soutenir notre industrie du pétrole et du gaz. Ainsi que le développement en sécurité du gaz de schiste au le Royaume-Uni, » a déclaré le ministre de l’Énergie Lord Bourne dans un communiqué.

Selon le régulateur britannique «Oil & Gas Authority», chacun des 27 nouveaux permis d’exploration de gaz de schiste est d’environ 10 kilomètres carrés. Alors qu’un second groupe de 132 autres licences sera offert après une évaluation environnementale détaillée. Le régulateur a dit qu’il avait reçu près de 100 candidatures de 47 sociétés. Le Leader de l’exploration et du développement du pétrole et du gaz britannique IGAS et la compagnie française GDF Suez sont parmi ceux qui ont obtenu une licence.

  • Protestations des défenseurs de l’environnement

Cameron, Royaume-uni

David Cameron Crédit : Valsts kanceleja

«En plus d’un rôle important dans l’économie du pays, l’industrie du pétrole et du gaz jouera un rôle clé dans la fourniture d’énergie sûre et fiable aux foyers et aux entreprises britanniques», selon le ministère de l’énergie au Royaume-Uni Lord Bourne. Ce dernier a précisé que l’investissement dans le gaz de schiste en Grande-Bretagne pourrait être de 33 milliards de livres. Ceci pourrait soutenir ainsi 64 000 emplois.

Cette offre du gouvernement de permis d’exploration a suscité des protestations d’organisation de défense de l’environnement. Ces derniers craignent que la fracturation hydraulique contamine les réserves d’eau souterraine. De plus ils craignent que l’extraction du gaz de schiste cause des tremblements de terre.

Malgré cette opposition, le gouvernement britannique a été fortement de l’avant avec des plans pour exploiter les réserves de gaz de schiste dans le pays. Ceci afin de réduire sa dépendance aux importations d’énergie et générer des recettes fiscales supplémentaires. Le premier ministre conservateur britannique David Cameron a promis d’aller «à fond pour le gaz de schiste ». Ceci en réponse à la hausse des prix de l’énergie et au chômage dans le pays.

La fracturation hydraulique du gaz de schiste a été arrêtée en Grande-Bretagne en 2011. Ceci après avoir été relié à un certain nombre de tremblements de terre mineurs dans le nord de l’Angleterre.

Le gaz de schiste : Miracle ou gouffre pour l’économie ?

Le gaz de schiste apparait comme un miracle pour l’économie américaine. Mais une autre réalité commence à émerger.

Cette année, les États-Unis, première économie mondiale, vont devenir le premier pays producteur de pétrole et de gaz au monde. Selon les chiffres provenant de l’organisme officiel américain d’étude sur les énergies, les États-Unis produiront l’équivalent de 25 millions de baril de pétrole, contre 23 millions pour la Russie et 13 millions pour l’Arabie Saoudite (pratiquement 2 fois plus!)

Largement importateur d’énergie fossile il y a moins de 10 ans, les États-Unis annoncent être capable d’atteindre l’indépendance énergétique d’ici 2020. Ce miracle pour l’économie est du, vous l’aurez deviné, à l’extraction du gaz de schiste.

gaz de schiste : miracle ou fiasco pour l'économie

L’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis
Crédit : Administration américaine sur l’énergie – Mai 2011

L’analyste IHS Cera a récemment indiqué que sur la période s’étalant du début de l’extraction jusqu’en 2012, l’exploitation du gaz de schiste avait créée 2,1 millions d’emplois directs et indirects aux États-Unis, avait généré 75 milliards de recettes supplémentaires pour l’état sous forme d’impôts.

De plus, s’agissant d’une énergie, le bénéfice est double et profite à toute l’économie américaine. En effet, non seulement ils produisent leur propre énergie au lieu de l’acheter à prix d’or à l’export, mais tous les domaines d’activités commerciales américains voient leur compétitivité accrue grâce à l’énergie bon marché qui est mise à leur disposition, ce qui fait chuter leur cout de production.

  • Des atouts cachant une tout autre réalité ?

Mais ces chiffres qui font rêver au niveau de l’économie américaine pourraient laisser place à une tout autre réalité. Les investissements nécessaires à l’exploitation du gaz de schiste ont été et sont toujours colossaux. Mais les premiers signes de ralentissement de la production des puits déjà existant aux États-Unis se font ressentir. Ceci bien plus tôt que prévu pour rentabiliser les investissements engagés. Les réserves des gisements de gaz de schiste auraient peut-être été gonflées. Ceci afin d’attirer les investisseurs indispensables à l’apport des fonds nécessaire à la création des puits, en leur faisant miroiter des gains faramineux.

De plus, cette production de gaz a eu comme conséquence de faire baisser le prix du gaz de manière exceptionnelle. Ce qui se révèle providentiel pour l’économie américaine comme vu plus haut. Mais ceci pénalise la rentabilité des puits. En effet, le prix du gaz à chuté de 12 dollars avant l’exploitation du gaz de schiste à environ 3 dollars. Dans ces conditions, le chiffre d’affaire des sociétés exploitant les puits reste faible, tout comme leurs marges. Ce qui n’est pas de bon augure pour lesdites sociétés, pour les investisseurs ayant déjà engagés des fonds et pour les nouveaux qui songeaient à le faire.

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