Nicolas Hulot relance l’interdiction totale des gaz de schiste

Nicolas Hulot, ministre de la transition énergétique, a indiqué ce vendredi 23 juin vouloir une loi contre les gaz de schiste

Nicolas Hulot prenait il y a un peu plus d’un mois ses fonctions en tant que ministre de la transition énergétique. Aujourd’hui il a précisé lors d’une interview vouloir une loi contre l’exploration du gaz de schiste en France. Il souhaite ainsi mettre en œuvre un des engagements d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. Rappelons que ce dernier s’était prononcé clairement contre les gaz de schiste.

Il n’y aura pas d’exploitation de gaz de schiste sous mon quinquennat. — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 9 février 2017

nicolas Hulot

Crédit : COP PARIS

Nicolas Hulot a indiqué vouloir changer la loi de manière rapide. Son objectif est de présenter ce projet de loi dès le mois prochain. Ceci afin que l’interdiction soit adoptée avant la fin de l’année 2017. Une volonté ferme et affichée d’empêcher toute possibilité de nouveaux permis.

L’idée n’est pas nouvelle en soit. Rappelons qu’une telle proposition de loi contre les gaz de schiste avait déjà été votée par les députés en début d’année. Mais cette loi n’est pas passée devant les sénateurs avant les élections présidentielles. Et comme beaucoup le craignait à l’époque, cette loi n’a jamais été entérinée.

Nicolas Hulot reprend donc le flambeau et va représenter une loi contre l’interdiction pure et simple des gaz de schiste en France. Ceci renforcera la position de la France sur ce sujet. Car à ce jour et depuis la loi du 13 jullet 2011, la technique de la fracturation hydraulique est interdite en France. Cette technique est la seule économiquement viable pour extraire le gaz de schiste. L’exploitation de ce dernier sur le sol national était ainsi déjà mise à mal.

La ministre veut désormais aller plus loin en interdisant totalement les gaz de schiste en France.

Présidentielles 2017 : La position de Macron et Le Pen sur le gaz de schiste

Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affronteront le 7 avril 2017 pour le gain des élections présidentielles. Comparaison de leur programme pour le gaz de schiste.

présidentielles macron lepenA l’issu du premier tour, les deux candidats retenus pour le deuxième tour des présidentielles 2017 étaient Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Les deux candidats ont distancé leurs poursuivants et ils se retrouvent face à face le 07 avril. Le vainqueur sera élu président de la république française.

Les 2 candidats présentent des programmes différents sur de nombreux points. Économie, Éducation, Santé, des thèmes phares pour les présidentielles. Mais qu’en est-il du gaz de schiste ?

  • Emmanuel Macron et le gaz de schiste

Pour le candidat du mouvement En Marche, les gaz de schiste sont du passé. Même si son programme reste flou à ce sujet, le site internet d’En Marche se veut très clair. Emmanuel Macron, réaffirme son souhait d’interdire les gaz de schiste.

Il a même enfoncé le clou en déclarant sur twitter qu’il n’y aurait pas d’exploitation du gaz de schiste sous son quinquennat. Sa position est claire et est en ligne avec la loi actuelle. En effet, Celle-ci interdit les gaz de schiste en France depuis un peu moins d’un an.

  • Marine Le Pen et le gaz de schiste

La présidente du Front National a présenté 144 propositions dans son programme pour les présidentielles. La proposition 136 aborde les gaz de schiste. Dans celle-ci Marine Le Pen indique qu’elle souhaite interdire les gaz de schistes elle aussi.

Avec la nuance que cette interdiction sera effective tant que les risques sur l’environnement, la santé et la sécurité n’auront pas été levés. On pourrait donc imaginer un changement d’avis si les techniques venaient à s’améliorer sous le quinquennat de Mme Le Pen.

  • Un « Non » et un « Non mais… »

En résumé, Emmanuel Macron est définitivement contre les gaz de schistes. Marine Le Pen est contre dans les conditions actuelles.

Questerre évaluerait le gaz de schiste dans la vallée du Saint Laurent

La société Questerre sème le doute sur une possible exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint Laurent.

La société Questerre a indiqué mener des évaluations sur les régions les plus propices à l’implantation d’un projet pilote d’extraction du gaz de schiste.

Le gaz de schiste n’a pas fini de faire parler de lui dans la vallée du Saint-Laurent. Alors que le premier ministre déclarait il y a moins de 6 mois qu’il n’y aurait pas de fracturation hydraulique dans cette région, une société pétrolière d’Alberta a publié un communiqué montrant son intérêt pour les régions de Bécancour et Lotbinière.

  • Questerre pourrait anticiper un prochain assouplissement des lois

Questerre investigue dans Lotbinière

Chapelle de Lotbinière.
Crédit : Gilbert Bochenek

Dans ce communiqué, la société Questerre a indiqué être en cours d’évaluation d’un projet pilote sur les gaz de schiste dans 2 municipalités régionales de comté (MCR). Ces dernières sont Bécancour, située à côté de Trois-Rivières d’une part. Puis Lotbinière, localisée près de Québec sur la rive sud du Saint-Laurent d’autre part.

Les critères qui ont mené à cette sélection sont la densité de population, la faisabilité technique et la sensibilité des habitants.

Les organismes de défense de l’environnement n’ont pas tardé à faire part de leurs inquiétudes à propos de ce communiqué. Si à ce jour, aucune activité ne semble avoir démarrée, ils craignent que l’entreprise soit en train de placer ses pions en vue d’une prochaine déréglementation autour du gaz de schiste.

En effet, le projet de loi 102 est actuellement en cours d’examen. Si la loi est adoptée, elle permettrait la réalisation de projets pilotes dédiés à des fins de recherche et d’expérimentation. Les projets de Questerre pourraient alors rentrer dans ce cadre et voir le jour.

Les défenseurs de l’environnement estiment que cela pourrait être alors la porte ouverte à la fracturation hydraulique en phase de test. Puis éventuellement, l’ouverture à une exploitation à grande échelle. Rappelons que la fracturation hydraulique est la seule technique pour exploiter les gaz de schiste de façon industrielle. Mais cette technique est largement décriée par les écologistes pour son impact néfaste sur l’environnement.

Le gouvernement s’est vu rassurant en indiquant n’avoir reçu aucune demande de la société Questerre pour le moment. Puis à ajouter que sans licence, aucune activité que ce soit ne pourra commencer.

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Les députés interdisent totalement le gaz de schiste en France

Les députés ont souhaité donner le coup de grâce au gaz de schiste en France en votant son interdiction totale

Depuis la loi du 13 jullet 2011, l’extraction du gaz de schiste par la technique de la fracturation hydraulique était déjà bannie en France. Ce 25 janvier 2017, voilà les gaz de schiste purement et simplement interdits depuis le vote par les députés d’une proposition de loi à cet effet.

Cette loi s’inscrit dans le cadre du vaste projet de réforme du code minier. Une règlementation datant de l’époque napoléonienne en cours de refonte depuis 5 ans mais sans cesse repoussée.

  • Une décision qui a suscité de nombreuses réactions.

députés français

Assemblée nationale – siège des députés
Crédit : Philippe Alès

Pour la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, il s’agit d’un exemple que la France donne au monde. Elle réaffirme sa volonté de voir l’utilisation des énergies fossiles appartenir au passé.

Pourtant dans son propre camp, certains estiment que cette loi ne va pas assez loin. Ainsi, certains regrettent que cette interdiction ne concerne que les gaz de schiste. Ceci laissant le champ libre à l’exploitation des gaz de souche ou des gaz de houille.

À droite on regrette le fait que cette loi va jusqu’à interdire toute recherche sur le gaz de schiste. Alors que des techniques d’exploration moins néfaste comme la fracturation au propane mériterait des investigations plus poussées.

Beaucoup ont en revanche vu dans cette proposition de loi un coup médiatique. En effet, pour être adoptée, cette loi doit passer devant les sénateurs. Mais le calendrier du Sénat ne prévoit pas pour le moment l’examen de ce projet de loi. Il est donc probable que les sénateurs n’examinent pas la loi avant les prochaines élections. Le résultat de ces élections pourrait alors compromettre l’adoption de ce projet, principalement en cas de changement de pouvoir.

Des gaz de schiste exploités au milieu de la forêt de Sherwood ?

Une société pétrolière aurait l’intention de prospecter la célèbre forêt de Sherwood à la recherche de gaz de schiste.

La forêt de Sherwood ? Ce nom vous dit quelque chose ? Il s’agit d’une forêt située dans le centre de l’Angleterre très connue comme étant le lieu où Robin des Bois dévalisait les riches pour redonner aux pauvres.

Au-delà de la légende, cette forêt est classée en tant que réserve naturelle outre-manche. Elle s’étend sur plus de 400 hectares et abrite un chêne multi centenaire, le Major Oak. Ce chêne aurait vu Robin de Bois de prêt car ce dernier s’en saurait servi comme d’une cachette.

Gaz de schiste en forêt de sherwood

la Major Oak dans la forêt de Sherwood
Crédit : Dadulinka

Mais ce cadre bucolique et légendaire pourrait bientôt changer radicalement d’aspect. En effet, une société pétrolière a fait part de son intention de mener des prospections afin de connaitre le potentiel en gaz de schiste de la région.

Selon l’OGN britannique “Friends of the Earth” la société aurait déjà obtenu une licence afin de mener à bien des expérimentations. Rappelons que contrairement à la France, l’exploitation des gaz de schiste n’est pas interdite en Angleterre. Le gouvernement britannique en encourage même le développement.

Au-delà des projets de prospection, c’est l’utilisation de la technique de la fracturation hydraulique qui inquiète les défenseurs de l’environnement et les populations locales. Cette technique largement utilisée au États-Unis est suspectée d’avoir des impacts terribles sur l’environnement.

La société en question s’est défendue en indiquant qu’aucune intention d’utiliser la fracturation hydraulique n’avait été prise.  Mais sachant que cette technique reste la seule viable pour exploiter le gaz de schiste à grande échelle, les écologistes ont accusé la société de vouloir cacher ses intentions finales aux yeux du grand public.

L’ONG qui a révélé l’affaire a lancé une pétition en ligne. Cette pétition demande au ministre de l’énergie Andrea Leadsom de protéger la forêt de Sherwood de la fracturation. En 5 jours, celle-ci a reçu plus de 40 000 signatures.